La vie de Moriheï Ueshiba ( 1883-1969 )

O'senseï Mohireï Ueshiba

Morihei Ueshiba — Le fondateur de l'Aïkido (1883-1969)

Morihei Ueshiba est reconnu mondialement comme l'un des derniers grands maîtres d'arts martiaux. Figure paternelle, sévère, parfois austère, s'imposant une hygiène de vie drastique, il aurait connu une ou plusieurs expériences mystiques qui transformèrent profondément sa vision du combat. Il forma de grands noms de l'Aïkido, chacun transmettant à leur tour, dans différents pays, un message philosophique pouvant paraître contradictoire — celui de la paix et de l'harmonie — auquel cet art martial, issu d'anciennes pratiques de combat, sabre, lance, baïonnette et bujutsu, a finalement abouti.

Les arts martiaux traditionnels sont avant tout une transmission de maître à élève — une filiation vivante, de corps à corps, de génération en génération. À Loire-Aïkido, nous suivons (avec les modestes moyens qui sont les notres), une branche directe de la famille Ueshiba, au travers de l'enseignement de Seigo Yamaguchi Senseï, élève direct du fondateur. Yamaguchi Senseï a formé Franck Noël, l'un des grands noms de l'Aïkido français et l'un de mes premiers maîtres, ainsi que Bruno Zanotti Shihan, que je suis depuis plus de 30 ans et qui honore notre dojo de sa présence chaque année. Yamaguchi Senseï est également le maître de Yasuno Senseï, lui-même maître de Laurent Huyghe, qui vient régulièrement animer des stages au Dojo Awaseru. Nous ne nous sommes pas faits seuls — et c'est précisément ce qui donne du sens à notre pratique.

Les grandes étapes de sa vie

Né le 14 décembre 1883 à Tanabé au Japon, Morihei Ueshiba est un enfant de faible constitution, souvent malade, mais d'une grande intelligence. Il étudie le chinois et la religion bouddhiste sous la direction d'un prêtre Shingon, et porte très tôt un intérêt marqué à la prière et à la méditation.

À 7 ans, il entre à l'école du temple du village où il reçoit les enseignements du confucianisme et du bouddhisme. La vie de Kobo Daishi, prêtre renommé, le marque durablement.

À 10 ans, son père l'encourage à pratiquer le sumo et la natation pour renforcer sa constitution physique. Il poursuivra sa scolarité avant de travailler aux bureaux des impôts locaux.


Les débuts martiaux

En 1902, il se rend à Tokyo où il monte une petite entreprise de fournitures scolaires. Il étudie le Jujutsu de l'école Kito et l'escrime de l'école Shinkage. Contraint de rentrer à Tanabé pour raisons de santé, il épouse une amie d'enfance, Hatsu Itokawa. 

  

À 20 ans, malgré sa petite taille (1,56 m), il s'engage dans l'infanterie où il apprend le combat à la baïonnette. Il participe à la guerre russo-japonaise avant de quitter l'armée en 1906.


Hokkaido et la rencontre décisive

En 1912, il part s'installer à Hokkaido avec sa famille et un groupe de 80 personnes, fondant la ville de Shirataki dans des conditions de vie très dures. C'est là qu'il rencontre Sokaku Takeda, maître de l'école Daïto de Jujutsu — une rencontre décisive qui orientera définitivement sa pratique martiale.


La révélation spirituelle

En 1919, apprenant la grave maladie de son père, il abandonne ses terres et prend la route de Tanabé. En chemin, il entend parler d'Onisaburo Deguchi, grand maître spirituel de la religion Shinto Omoto Kyo. Cette rencontre le transforme profondément. Il s'installe à Ayabé, se convertit à l'Omoto Kyo et ouvre le dojo "Ueshiba Juku". Son art évolue et prend successivement les noms de Daito Ryu Ju Jutsu, Aïki Ju Jutsu, puis Aïkijujutsu en 1922.

En 1924, il accompagne le révérend Deguchi en Mandchourie et en Mongolie, au cœur d'un conflit armé. Il s'en tire grâce à une intuition qu'il décrira ainsi : "Il m'arriva de voir comme une petite balle de lumière blanche." Cette expérience mystique marquera profondément sa philosophie.


La naissance de l'Aïkido

De retour au Japon, sa réputation s'étend. Jigoro Kano, fondateur du Judo, envoie ses meilleurs élèves étudier son art. Il est invité à démontrer sa pratique devant la famille impériale. En 1942, en pleine guerre du Pacifique, il transforme officiellement l'Aïki-budo en Aïkido — abandonnant publiquement le code du bushido pour proclamer "La Voie de l'Harmonie des Énergies".

Il se retire à Iwama, pratique l'agriculture, perfectionne son art et fait ériger l'Aiki Jinja, sanctuaire de l'Aïkido aujourd'hui classé monument historique.

Maïtre Ueshiba et André Nocquet   


Le rayonnement mondial

En 1948, les autorités américaines d'occupation autorisent la reprise de l'Aïkido pour son caractère pacifique. L'Aïkikaï Foundation est officiellement créée. Koichi Tohei, 9ème dan, est envoyé aux États-Unis pour y enseigner — le rayonnement mondial commence.

En 1956, une grande démonstration d'Aïkido se tient durant 5 jours sur le toit du grand magasin Takashimaya à Tokyo. O-Sensei donne sa dernière démonstration publique le 12 janvier 1968.

  


La transmission

Portrait du fondateur de l'aïkido    Portrait du fondateur de l'aïkido

Morihei Ueshiba meurt paisiblement le 26 avril 1969. Deux mois plus tard, Hatsu, sa femme, meurt à son tour. Son fils Kisshomaru Ueshiba lui succède, puis son petit-fils Moriteru Ueshiba, actuel Doshu — Maître de la Voie — qui continue à diffuser dans le monde entier l'esprit et le message de paix du fondateur.

 

Moriteru Ueshiba actuel Doshu

Moriteru Ueshiba
petit-fils du fondateur